PanAmericana, ou notre traversée des Amériques...

Il était une fois un Gilou et une Lulu qui voulaient voir le monde...

Leur idée était de suivre la route qui traverse les Amériques, de la Patagonie a l'Alaska.

Alors ils ont pris leurs clics et leurs clacs, leurs baluchons bien embaluchonnés et un aller simple pour le Nouveau Monde !!

L'aventure commence a Buenos Aires.....


mercredi 19 janvier 2011

Paso de la Oveja - Torres del Paine - Grève et autres galères - Perito Moreno - Fitz Roy

Ça y est, on est de retour!!!

Désolés pour cette longue absence, mais notre voyage s'est un peu intensifié ces derniers temps et on n'a pas eu l'occasion de se poser pour vous donner quelques nouvelles (sauf un petit mail aux parents pour qu'ils puissent dormir la nuit... on n'est pas des monstres!).

Donc depuis la dernière fois, que s'est-il passé? Eh ben, si vous saviez!!! Préparez-vous à lire un long, long article, car on en a des choses à raconter!

Tout d'abord, comme prévu, on a passé le nouvel an en rando autour d'Ushuaïa, au Paso de la Oveja, pendant trois jours. C'était génial : des paysages magnifiques, un réveillon dans la nature au bord d'un lac bleu turquoise... mais pour y arriver, il a fallu randonner et grimper (pas mal de dénivelé...) avec un gros sac à dos : première expérience pour Lucie, qui s'est régalée!
On a dû traverser des cours d'eau en équilibre sur des arbres couchés, et c'était assez flippant à certains moments car c'étaient pas des petits ruisseaux... mais c'était incroyable! Et en fin de journée, on est tombés sur une vue incroyable : montagne en dents de requin sur la gauche, puis lac turquoise au bord duquel on a dormi.

Lucie en pleine traversée d'un torrent

On imaginait être les seuls à faire ça pour le réveillon, mais on imaginait mal : on a rencontré un français qui voyageait depuis un an et demi en amérique du sud, et on a donc passé le réveillon avec lui. Et on a fait péter la bouteille de champagne et le fois gras ramenés de France (merci les copains de Paris!)! Double bonne nouvelle pour moi : un grand moment de bonheur, et un peu de poids en moins dans le sac à dos!

Bonne année!!!

Pendant la nuit, Lucie a éte réveillée par un bruit : on avait laissé la bouffe et la poubelle dehors accrochées à un arbre, comme notre guide de trekking recommandait de le faire, et un renard était en train d'essayer de nous la piquer! Là on a vraiment eu le sentiment d´être au milieu de la nature et de devoir faire gaffe aux choses essentielles, dont : la BOUFFE! (surtout pour Lucie... ;-) ). Le lendemain, pour se reposer, on a grimpé sur la montagne en face de nous... et on a eu droit à des paysages de ouf et...et...et...à un condor! Mais oui Messieurs Dames, un vrai!!!

La montagne en dents de requin et le lac au pied duquel on a dormi

THE Condor

Le panorama du haut de notre montagne

Petite sieste de Lucie bien méritée après cette grimpette

Puis après une seconde nuit au bord du lac, retour à Ushuaïa par un col désertique puis un chemin à flanc de montagne : apparemment une certaine C. Capretta n'aurait pas trop apprécié...

Qui n'aime pas les chemins en pente?

La montée vers le col, dans un paysage lunaire...

... et la descente!

Après cette super rando, nous avons quitté Ushuaïa avec un pincememt au coeur : on y a passé presque dix jours, eu le temps de s'imprégner des paysages, de faire de vraies rencontres (l'israelo-franco-argentin, etc.), et on a adoré! On a une nouvelle fois traversé le détroit de Magellan, et pu encore faire coucou aux dauphins ;-)

Coucou les dauphins!!!

Prochaine étape : Torres del Paine au Chili. Après un arrêt technique de quelques jours à Punta Arenas pour prévoir la suite de notre voyage, nous sommes à nouveau partis pour un trek, de 5 jours cette fois, avec un tracé en forme de W... d'où son nom : le trek du W. Dans un parc national vraiment fabuleux!

Premier jour : montée vers l'attraction phare du parc, les fameuses tours (torres en espagnol), des blocs de granit de 1300 m de hauteur (pour la plus grande) qui jaillisent du sol... et un dénivelé positif d'environ 900 m pour arriver au mirador, avec des sacs chargés à bloc avec la bouffe pour 5 jours (le mien faisait entre 20 et 25 kilos...). Pour une mise en forme, c'était une mise en forme! Surtout lorsqu'on s'est aperçus, vers la fin de l'ascencion bien sûr, qu'on était les seuls à avoir un énorme sac à dos : les gens plantaient la tente (ou dormaient dans un refuge) en bas, et montaient seulement avec un petit sac! Arrivés au mirador, vue magique sur ces "machins" surnaturels :

Vue des tours depuis le départ de la rando

On a rencontré des escaladeurs "pros" a Punta Arenas qui allaient grimper la tour centrale, impressionant non?

Puis au cours de la descente, on a trouvé une bifurcation pour la suite de la rando. Comme il était tard et qu'il n'y avait aucun campement proche, on a fait du camping sauvage, seuls au milieu de la nature ( précision importante car le parc est victime de son succès : il est énormément fréquenté et tu passes ta journée à dire "ola"), avec une vue fantastique sur un lac turquoise!


La suite de la rando était tout aussi magnifique : on a longé le fameux lac turquoise, traversé une vallée ( la valle del francés) dans laquelle il y avait un énorme glacier (le... glaciar del francés) duquel des blocs de glace se décrochaient de temps en temps en faisant un bruit de tonnerre incroyable, on a été au pied d'un autre énorme glacier (le glaciar grey), qui était au pied d'un lac (le... lago grey) formé par la glace fondue provenant du glacier, où il y avait un vent de fou furieux... bref, c'était MA-GIQUE!!!

Imaginez de la peinture bleue turquoise à laquelle on rajoute un nuage de lait... et vous obtenez un lac aux couleurs surnaturelles!!!

Après une intense réflexion sur le chemin à prendre, Lucie montre l'étendue de son talent de cascadeuse ;)

NOUS...

... et le glaciar del Frances sous un arc en ciel!

Le chateau de sable dans le fond... sorti tout droit d'un dessin animé de Hayao Miyazaki... et pour changer un lac pas bleu turquoise

Lever de soleil sur lac turquoise, avec le cerro Paine en arrière plan

Le glaciar Grey, et ses icebergs

A la fin de la rando, on avait prévu de prendre un bus pour quitter le parc et continuer notre bout de chemin. Arrivés au QG des guardes du parc, on demande s'il y a un bus qui va arriver, et là, on a vu le doute et l'inquiétude sur le visage de notre interlocutrice (vous sentez qu'on arrive dans la partie "grève et autres galères"?) :
"- Pas de bus aujourd'hui...
- Comment ça, pas de bus???
- Il y la grève, à cause de la hausse du gaz annoncée par le gouvernemement, et l'entrée du parc est bloquée...
- Mais...mais... comment on fait, nous?
- Et bien, vous pouvez essayer de faire du stop, pour partir avec une voiture mais faites le vite, avant qu'ils n'empêchent aussi les voitures de sortir. Je suis désolée, je ne peux rien de plus pour vous..."
Donc, après deux heures de stop sans succès, retour au QG, documentaire sur le puma dans le parc (on connait tout du gros chat maintenant!), attente, re-stop, montée à l'arrière d'un pick-up (comme dans les films!) conduit par un bonhomme qui bosse dans le parc, traversée du parc de part en part pour essayer de trouver une sortie : rien!

Lucie est contente à l'arrière du pick up!

Retour au QG... on a donc planté la tente et on s'est fait à manger... et on a rencontré un couple d'argentins bloqués comme nous. Le lendemain matin, on est retourné se renseigner au QG : tout était toujours bloqué... et des gens commençaient à arriver de partout. J'étais avec l'argentin, et un couple d'allemands est arrivé.
- L'allemand : " qu'est-ce qu'il se passe?"
- Le français (moi) : "Tout le monde est bloqué, à cause d'une grève : il n'y a pas de bus pour sortir du parc, et pas de voiture qui prenne en stop..."
- L'allemande : "Nous on essaye de sortir du parc. On est venu ici pour prendre des infos et savoir si c'était possible. On a une voiture et on peut prendre deux personnes."
Lueur d'espoir et regard vers l'argentin : qui va monter? On va se battre? Le jouer à pile ou face? Finalement, on va voir la voiture (un gros pick up), on leur explique qu'on n'est pas que tous les deux, mais avec nos copines, et ils nous disent qu'on peut tenter de monter à 4 derrière (à l'intérieur de la voiture). Pas de problème!!!

On est donc partis avec eux et on a fait connaissance : en fait c'étaient des chercheurs qui étaient venus faire des prélèvements dans les lacs du parc (très purs), pour étudier les changements climatiques, et ils avaient tous leurs échantillons à l'arrière.
A 5 km de Puerto Natales, le village le plus proche du parc, barrage routier : on a dû abandonner la voiture (avec leurs échantillons) et finir à pied...
Après deux jours passés à Puerto Natales tous les 6, dans le même hostel, à aller au resto ensemble, on se connaissait plutôt bien!

Notre "famille" de Puerto Natales : les argentins à gauche et les allemands à droite

Finalement, comme la situation ne s'arrangeait pas, nous avons décidé avec les argentins de passer la frontière, située à une trentaine de kilomètres, à pied! Au bout d'1 km, Lucie et Florenza (l'argentine) ont pu monter dans une voiture qui les a déposé à 2 km de la frontière (les voitures avec des personnes âgées, des bébés ou des malades pouvaient toujours passer). Et nous, les hommes, les vrais, on a marché sur une route déserte... on se croyait dans le livre (ou le film) "The Road"!!!
On a fini les 4 derniers kms à l'arrière d'un pick up de gauchos chiliens, qui nous ont invité à boire le maté chez eux... proposition acceptée! Puis après avoir discuté de la grève et de politique, on est allé rejoindre les "mujeres" pour passer la frontière, sans encombre.

Clignotant à gauche! En sortant de la cabane des gauchos, on est tombés sur une dog-car...

Une fois du côté argentin, la galère n'était pas finie : les bus qui devaient passer dans le village le plus proche de la frontière pour nous amener à El Calafate, notre prochaine étape, étaient eux aussi bloqués au Chili! Heureusement, Gaston (l'argentin) avait un pote qui habitait à 3 heures de là et qui est venu nous chercher au pied levé! Nos routes se sont séparées un peu plus loin, et ils nous ont déposés dans un village (mal) nommé Esperanza, qui était sur le chemin d'El Calafate : en fait il y avait une station essence d'un côté de la route, un "hôtel - cafeteria" de routiers de l'autre côté, et puis... et puis plus rien. On a donc dormi dans cet "hôtel", absolument dégueulasse : cafards qui se baladent sur le sol, plafond de la salle de bain qui s'écroule en partie pendant la nuit... le rêve quoi! Autant vous dire qu'on est vite partis le lendemain matin!!!

Comme il n'y avait pas de bus avant le milieu de l'après-midi, on a fait du stop à la station essence environ une demi heure, le temps qu'une famille d'argentins nous accepte. Ils vivaient à Ushuaïa et ne pouvaient pas renter chez eux, car il faut traverser le côté chilien de la Terre de feu pour aller à Ushuaïa... ils en profitaient donc pour aller voir le Perito Moreno, glacier mythique proche d'El Calafate. Ça tombait bien, c'était là qu'on voulait aller! On a passé la journée avec eux, discuté, bu le maté dans la voiture, appris quelques mots de français aux enfants... avant d'arriver au glacier. Une rivière de glace splendide, massive, bleue, dont des parties se décrochaient de temps à autres dans un fracas étourdissant pour plonger danc un lac turquoise... c'était un spectacle vraiment hypnotisant!

No comment...

Ils nous ont laissé sur le chemin du retour à El Calafate, d'où nous sommes partis aussitôt pour aller randonner autour du mont Fitz Roy, encore une beauté de la nature. On va finir par se lasser!!!
Couleurs du soleil couchant dans les nuages le soir de notre arrivée

Derniers moments galères, que je cite en vitesse : plus que 100 pesos en poche, pas d'argent dans les distributeurs, peu d'endroits où les cartes étaient acceptées, tous les hostels complets à El Chalten, le village d'où débutait la rando (on a dormi dans la tente sur un coin d´herbe au bord de la route, entassés avec un cinquantaine de personnes, qu'il fallait payer... en liquide...), première journée de marche sous une pluie glacée (on n'arrivait plus à bouger nos doigts à la fin de la journée)... c'en était trop pour Lucie, qui a posé sa dem'! Le lendemain, au réveil, il faisait beau, mais elle ne parlait plus que d'hôtel, de lit comfortable, de télé et de bouffe! Nous sommes quand même montés au mirador du Fitz Roy, puis au retour nous avons plié la tente, nous sommes rentrés à El Chalten au pas de course et avons pris le premier bus pour El Calafate!

Pas contente!

Vue (presque entière) du Fitz Roy... en vrai c'était vraiment somptueux!

Ça fait maintenant 2 jours complets que nous y sommes, dans un super hôtel bien confortable et bien cher, à ne rien faire de la journée, à part manger (des énormes pizzas!), regarder des films, et dormir! On a quand même pris un peu de temps pour organiser la suite de notre voyage : demain rando guidée sur le glacier Perito Moreno (ça claque, non?), puis après demain départ pour Puerto Montt, plus au nord côté chilien (à 36 heures de bus...).

Voilà, vous savez tout! Maintenant on attend vos commentaires et vos nouvelles, et pour ceux qui ont aimé la dernière photo du dernier post, voici un nouveau chef d'oeuvre (pas pour les parents :-) )

On a enfin trouvé notre fil rouge... certains photographient des nains de jardin aux quatre coins du monde... nous c'est les fesses de Gilles!! Original et plus pratique ;)